Archives de Catégorie: Sans catégorie

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Je suis blanche, et je m’excuse pour le Ku Klux Klan #notinmyname

Je suis blonde aux yeux bleus, et je m’excuse pour le nazisme et les théories de l’aryanisme #notinmyname

Je suis omnivore, et je m’excuse pour les végétariens chiants #notinmyname

Je suis historienne de la révolution française, et je m’excuse pour l’invention de la guillotine #notinmyname

Je suis française, et je m’excuse de l’existence du FN  #notinmyname

Je suis d’extrême-gauche, et je m’excuse de la politique de droite du PS  #notinmyname

Je vote, et je m’excuse de l’élection de Sarkozy à la présidence en 2007  #notinmyname

Je suis une femme, et je m’excuse des hommes qui se grattent les couilles en public #notinmyname

J’ai des seins et de tétons, et je m’excuse des FEMEN  #notinmyname

Je suis obèse, et je m’excuse des troubles alimentaires #notinmyname

Je suis la petite fille d’un couple catholique, et je m’excuse de l’IRA #notinmyname

J’ai eu deux amies protestantes, et je m’excuse des marches orangistes en Irlande du Nord #notinmyname

Je suis athée, et je m’excuse des pubs anti-Jésus sur Time Square #notinmyname

J’ai un cerveau, et je refuse qu’on insulte et humilie les musulmans en leur demandant de s’excuser pour l’islamisme  #pasenmonnom

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Végéta

2050. Le monde est loin d’être parfait. Les guerres font toujours rage. La montée de l’extrême-droite ne s’est pas arrêtée. Mais une cause a gagné : celle des animaux. Le monde est devenu végétarien. Ou plutôt végétalien.

On ne peut plus produire de viande ni de poisson pour la consommation. Humains, chats, chiens, ils sont tous devenu végans. La possession d’animaux de compagnie autre que ces deux races ainsi ayant été interdites, ainsi que les zoos, les problèmes d’alimentation des espèces carnivores ne se posent plus. La disparition des zoos a accéléré la disparition de plusieurs espèces carnivores en danger d’éradication, comme l’ours blanc, mais le problème était insoluble. La chasse est interdite, la possession d’un animal en vue de le transformer en nourriture est punie de graves amendes. Il n’existe plus d’abattoirs industriels, ni d’ateliers de transformation de la viande.

Il a fallu régler le problème des espèces animales non sauvages, comme les ovins et les bovins. Plusieurs aspects ont dû être étudiés. En premier lieu, le contrôle des populations. Une fois l’abattage interdit, dans les premiers temps, il fut difficile de contrôler une si importante population animale. Il fallait en même temps améliorer leurs conditions d’élevage, augmenter les capacités des enclos pour accueillir les bêtes non abattues, tout en payant du personnel pour s’occuper de ces entreprises qui ne produisaient aucun biens. Ces différentes mesures fort coûteuses furent en premier lieu compensées par une augmentation d’impôts. Il fallut cependant se résoudre à mettre en place des politique d’abattage de contrôle et de stérilisation de masse pour éviter la croissance exponentielle de la population. Il fallait éviter de reproduire la terrible expérience des lapins en Australie au XIXe siècle. 80% de la population bovine et ovine, par exemple, dut être stérilisée.

La question du lait fut l’objet de nombreux et houleux débats. Outre que les entreprises de production laitière n’étaient souvent pas meilleures que les terribles entreprises d’élevage et d’abattage qui venaient d’être interdites, le problème du contrôle de la population était incompatible avec le moyens de production laitiers. Ceux-ci furent finalement interdits, malgré les nombreuses protestations des producteurs de fromages. Le métier disparut.

Le chômage dans les filières agro-alimentaires augmenta. On essaya de rassembler fermes de protection animale et fermes agraires, mais les bénéfices des unes ne couvraient pas les frais de gestion et de personnel des autres. Les impôts furent maintenus, les aides des états et de l’Europe explosèrent.

La production de cuir fut aussi stoppée. Tout comme une bonne partie de la production de laine : en Australie et en Nouvelle Zélande, l’importance de l’élevage ovin avait un impact sur l’habitat des espèces autochtones, voire des massacres.  Suite à un énième massacre de kangourous, seuls les élevages familiaux de moins de 20 bêtes furent permis dans ces pays, qui procuraient une grande partie de la production lainière mondiale.

Des filières de contrebandes de viandes animales furent créées pour une demande toujours plus grandes. Les prix sont élevés. La meilleure viande vient d’Amérique du Sud, et les morceaux de moindre qualité de Chine où ils sont produits dans des conditions atroces, encore pires que celles que les nouvelles lois ont fait interdire. C’est un plaisir de riches.

La problématique de la gestion des terres arables n’est toujours pas réglée en 2050. Une bonne partie du problème résidait dans l’élevage intensif et les législateurs pensaient que supprimer un problème entraînerait la disparition de l’autre. Ce ne fut pas le cas. En premier lieu car le problème de l’élevage intensif ne disparut pas. Les élevages étaient toujours présents, même si contrôlés, et plus destinés à l’alimentation. La décision de les réduire drastiquement n’avait pas encore été prise. Par ailleurs, la disparition de la viande poussa à intensifier la production céréalière et légumière. La surproduction et le gaspillage ne furent pas réglés. Pas plus que la répartition des richesses et des ressources.

*****

Aujourd’hui, je me suis fait insulter parce que j’ai dit que je haïssais l’idéologie végétarienne que je trouvais absurde, irréaliste, et infantile. Je persiste. Mon scénario est extrême au possible, mais relativement réaliste.

Il y a pas mal de gens végétariens juste par conviction personnelle. Malheureusement, la majorité de ceux que j’ai rencontrés ont essayé de m’obliger à l’être, en me culpabilisant notamment sur mon physique, et non sur mon possible impact sur la planète ou les animaux (errrr ???). Dernière réponse en date, donc : « mes analyses de sang sont parfaites, et je suis végétarien depuis plus de vingt ans [les miennes aussi, sans blague](…) Méchanceté gratuite pour méchanceté gratuite, je te souhaite de soigner ton surpoids en mangeant des légumes et des fruits. A défaut de soigner ta connerie.« 

Contrairement à beaucoup de gens, et contrairement à beaucoup de végétariens militants, j’ai réfléchi aux conséquences d’un végétarianisme universel (en dehors du fait qu’on ne poussera jamais la population mondiale à abandonner la viande). Et je ne suis pas convaincue. Absolument pas.

Oui, l’élevage et l’abattage animal sont une cause très très TRÈS importante, et il faut lutter contre ses abus dégueulasses. Mais il faut le faire en étant responsables. La viande fait partie de l’alimentation humaine. Ce n’est pas une idéologie, c’est un fait biologique. Nous sommes omnivores. Nous pouvons manger de tout, parce que nous devons manger de tout. Le végétarianisme est un choix de vie. Être omnivore est biologique, être végétarien est idéologique. Et pas le contraire. Je n’oblige personne à manger de la viande, je ne milite pas pour la viande. Et même cet article ne milite pas pour la viande. La viande n’a pas besoin qu’on milite pour elle.

En France, sur 67 millions d’habitants, 1 millions sont végétariens. C’est énorme, et c’est très peu. Ce qu’il faut retenir c’est que 66 millions de personnes mangent de la viande toutes les semaines. Qu’ils mangent de la viande venant d’abattoirs et d’élevages dégueulasses. Leur dire d’arrêter la viande ne leur fera pas arrêter la viande. Ça ne marchera pas. Ce qu’il faut, pour lutter contre cette situation immonde, c’est responsabiliser les mangeurs de viandes. Et être réalistes.

Ne pas manger des animaux par respect pour la vie, c’est admirable, et je pèse mes mots. Mais je pèse tout autant mes mots en disant que l’idéologie végétarienne, l’idéologie politique du « tous végétarien », est absurde, irréaliste, et infantile. Ça ne marchera pas. C’est contre-productif. La culpabilisation ne marche pas. La responsabilisation, oui.

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Ceci est un article énervé, épargnez-vous et épargnez-moi les coms.

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We need to talk about Rémi

Rémi Gaillard, paix à ce qu’il lui restait d’âme, vient de commettre une réponse à ces détracteurs, et si certains pouvaient encore douter de la violence de sa misogynie (et de sa violence tout court) suite à la vidéo, son texte, très court, ne laisse que peu de doutes, lui. Car sa violence gît là où il se croit le plus grand seigneur.

Son texte commence par la mention de deux femmes (Audrey Pulvar et Roselyne Bachelot) qui le dénoncent avec une extrême virulence et se termine par un lien qu’il utilise pour les dénoncer à leur tour, avec non moins de virulence. Sauf que ce lien, n’est pas n’importe quel lien. Ce qu’il choisit de balancer à la gueule de deux femmes qui dénoncent une violence commise sur les femmes, c’est un lien vers le site gouvernemental sur la violence commise contre les femmes, en suggérant qu’elles feraient moins d’audiences avec ce lien qu’avec lui.

Faisons une pause un instant pour réfléchir à ce que cela signifie de balancer à la tête d’une femme, dans le plus pur style mansplainer-je-vais-t’expliquer-la-vie-poulette, que vous allez lui apprendre ce qu’est la vraie violence faite aux femmes. Récemment, suite à de longues discussions avec une amie qui m’expliquait qu’elle avait violée dans le passé, je me suis mise à réfléchir aux femmes de mon entourage, savoir combien avaient été victimes de violences plus ou moins sexuelles. De ma grand-mère, obligée de remonter sa jupe sur ses hanches, pour se trainer à genoux sur le sol de l’église, en pénitence, sous le regard du curé, à l’âge de neuf ans, à la copine de 12 ans qui nous raconte sa première visite chez le gynéco suite à l’apparition de ses règles où il l’a fait se mettre entièrement nue sans aucune raison sous les yeux affectueux de sa maman qui n’y trouva rien à redire ; de la lycéenne qui se fait humilier devant tout le foyer des élèves par sa meilleure amie qui explique d’une voix forte que son copain a eu bien raison de la larguer parce que franchement elle aurait au moins pu faire l’effort d’une petite pipe, à l’autre adolescente qui te raconte comment elle a évacué sa première fois à 13 ans comme d’autres font un curetage, parce que c’est ignoble, mais qu’il faut bien passer à la caisse un jour, alors autant se débarrasser vite du problème (10 ans de galères sexuelles firent suite, avant qu’elle ne trouve enfin un équilibre, et je suis toujours aussi surprise qu’elle n’ait pas chopé le Sida ni joué dans un porno) ; des récits de premières fois tous plus apocalyptiques les uns que les autres à ma propre agression à 15 ans dont j’ai mis 17 ans à réussir à parler.

Dans ce défilé ininterrompu de femmes, je n’ose même pas inclure les agressions verbales dans la rue et les transports en commun — ou comment les hommes se sentent en droit de demander une pipe à mon collant à chaque fois qu’il est de sortie — parce que je ne pourrais plus, alors, trouver une seule femme qui n’ai pas subi une violence. Si je fais les comptes, il me reste deux survivantes à la fin du jeu, et l’une est ma mère, je ne suis peut-être pas objective sur son vécu.

Peut-on envisager une seconde que Pulvar et Bachelot aient pu subir des violences sexuelles dans leurs vies ? Peut-on envisager que Bachelot, ancienne ministre, a eu plus que son quota de réflexions misogynes dans notre belle Assemblée, et d’attaques mille fois plus violentes sur Twitter ? D’autant plus violentes qu’elle n’est pas reine de beauté, et que contrairement à une idée reçue, les femmes grosses ou laides reçoivent beaucoup plus de suggestions de se prendre une bite à sec dans le cul pour avoir la chance se faire baiser malgré leurs désavantages physiques que les femmes belles. Peut-on envisager que la relation de Pulvar avec Montebourg a lâché les chiens de l’humour gras sale et malsain sur internet pendant des mois, qui se sont aussi delectés du fait qu’elle soit noire ? (Ah l’humour sexuel des racistes, puits sans fond d’ignominie…) Peut-on envisager, ne serait-ce qu’une toute petite seconde que ces femmes ont aussi une vie en dehors des spotlights, une histoire personnelle qu’elles ne trahiront peut-être jamais, et que dans cette histoire, il pourrait y avoir n’importe quoi, des agressions, des viols, des coups…?

Comment se fait-il que le premier réflexe quand on parle d’une femme, c’est d’imaginer qu’elle n’a pas d’histoire ? Un viol toutes le 8 minutes. Une femme tuée par son compagnon toutes les 10 minutes. Un enfant sur 10 victime de violence physiques et/ou sexuelles. Comment se fait-il qu’on puisse ne pas avoir le réflexe de penser qu’une femme a forcément une histoire de violence sexuelle derrière elle ?

Alors comment, dans ce cas-là, peut-on oser balancer à la gueule d’une femme, tu ne sais pas ce qu’est la vraie violence qu’on peut te faire, mais moi mâle galant s’il en est, je le sais pour toi ?

Et pour défendre son argumentation je-sais-tout, Saint Gaillard a des arguments qui font parfois froid dans le dos.

100% des femmes qui apparaissent sur la vidéo ont accepté d’y être incluses. Et 100% de celles qui ont refusé ne le sont pas. Car 100% des femmes qui ont refusé n’ont plus droit à l’argumentation, ni même à l’existence, dans le discours de Rémi Gaillard. Car les pas cool, les cul-serrés, celles qui n’ont pas d’humour, comme par hasard, deviennent quantités négligeables. En ligne avec la pensée générale. Bonjour, je m’appelle Rémi Gaillard, je fais de millions de vues sur YouTube, tu veux être vue en train de me faire un fellation optique par ton employeur, ton père et tes gosses, pendant que la crème de la crème d’internet viendra brailler « deep throat ! » dans les commentaires ? Allez, il a dû recevoir un sacré paquet de non, et vous ne le saurez jamais. Et surtout si 100% des femmes ont dit oui, j’en conclu que 100% des hommes ont dit non, et que ce policier dont Gaillard ne montre pas le visage parce qu’il n’en a pas le droit, se fait virtuellement agressé devant la France entière sans sa permission. Si Gaillard ne l’utilisait pas quelques lignes plus loin pour monter une argumentation fallacieuse sur le deux poids deux mesures entre les agressions sexuelles faites aux femmes et celles faites aux hommes, ce ne serait pas aussi sale. NON, CE N’EST PAS MOINS GRAVE PARCE QUE C’EST UN HOMME. Bien au contraire. Parlons de cette violence faite à un homme moqué par Remi Gaillard parce que traité comme une vulgaire actrice porno. Parlons de cette petite blagounette sur le fait qu’il faut rire de voir un homme s’en prendre une dans le cul comme une gonzesse, mais que c’est drôle : homophobie, ton nom est Rémi.

Et que dire de cette très fière revendication sur le fait que la vidéo a été débloquée pour les mineurs par YouTube (ahem, what ?). Rémi as-tu des filles de moins de 15 ans ? Rémi si tu avais des filles de moins de 15 ans, les mettrais-tu devant ta vidéo ? Je serais sincèrement curieuse de connaître sa réponse à ce sujet. Aurait-il envie que sa fille apprenne par l’exemple de son père, que la bouche d’une femme sert à faire des pipes (combien de pères qui aiment se faire faire des pipes acceptent l’idée que leur fille puisse en prodiguer elle-même ?), qu’une femme ça se prend uniquement par derrière, levrette ou sodomie, et par surprise, que la position d’une femme en amour c’est baissée, à genoux, en dessous, alors que celle de l’homme est la posture du conquérant, toujours debout, que l’homme jouit et la femme subit ? Je ne voudrais pas être la fille de Rémi Gaillard.

***

Très sincèrement, dans un premier temps, j’ai cru que Gaillard se rétracterait. Ferait des excuses. Voilà un type qui assume d’être un con qui fait n’importe quoi. Et pour une fois qu’il faisait vraiment n’importe quoi, comme un con, je me suis dit qu’il avait un fond de réflexion intellectuelle sur la question. Admettre qu’on fait n’importe quoi, c’est admettre qu’on a une capacité de jugement assez évoluée pour comprendre ce qu’est le n’importe quoi. Or,voilà que notre homme des bois non seulement revendique fièrement ses actes, mais essaie aussi de démontrer que ce n’est pas n’importe : regardez, j’ai des preuves, les filles sont d’accord, les gens aiment, et j’ai la caution YouTube. Au milieu de son n’importe quoi, la seule chose que Gaillard revendique comme n’étant pas n’importe quoi, c’est celle dont des dizaines et des dizaines de femmes ont dit qu’elles la prenaient comme une claque dans la gueule et qui incite au viol.

Ah mais non, attendez, les images n’incitent pas, mensonges ! Je pourrais vous sortir l’argument du porno, et les dizaines d’études qui prouvent que le porno poussent à l’imitation. Mais j’ai mieux, et les fans de Gaillard devraient y retrouver leur petits.

Jackass.

J’ai connu des ados, par ailleurs très très intelligents (sont aujourd’hui ingénieurs), qui a la grande époque de Jackass ont volé un caddy de supermarché pour allé jouer dans la forêt en pente derrière chez eux. Tu te mets dans le chariot, tes copains te poussent, puis tu finis ta course à pleine vitesse dans un arbre. Il ne sont pas brisé le cou. Par contre leur pote qui a essayé la même blague avec son VTT, lui il est mort, merci pour lui. Et vous savez le plus drôle de l’histoire ? Ça ne les a même pas arrêté.

L’un des arguments de ceux qui sont convaincus que les images ne poussent pas les gens à les reproduire, c’est que les gens sont trop intelligents pour le faire. Ce qui suppose déjà que les gens qui regardent ce genre de vidéos sont forcément tous intelligents. Mouarf. Passons. Mais par ailleurs, être intelligent ne suppose pas qu’on n’est pas influençable. Je suis très intelligente, merci, mais je suis aussi très influençable, encore merci. Et en avoir conscience et lutter contre, ne veux pas non plus dire qu’on est capable de le combattre complètement. Si c’était facile, la propagande ne marcherait pas. Et être intelligent ne veux pas non plus dire que l’on soit imperméable à la tentation du vide, de l’abîme, la tentation du mal. Bien au contraire.

Alors non, il est presque certain que la vidéo de Gaillard ne poussera pas des hommes à violer des femmes, dans la rue, mais la majorité des femmes se font violer chez elles, par leur moitié, leur père, leur frère, leur cousin, l’ami de la famille, et peut-être bien qu’un ou deux connards trouveront la badass attitude de Gaillard, conquérant aux mimiques sexuelles surjouées, trop cool, et voudront la reproduire sur leur moitié, sans son accord. Parce que 100% des femmes qui ne sont pas d’accord sont passées sous silence.

Par contre, ce qui est presque certain, c’est que Gaillard va libérer encore un autre verrou du harcèlement de rue, le je-te-mime-baisable-t’es-pas-contente-grosse-pute. Non je ne suis pas contente. Je n’ai pas envie qu’un inconnu m’estampille baisable dans l’espace public à coup de reins sous prétexte qu’un pauvre type lui a dit sur internet que c’était ça la « joie de vivre ».

Il n’y avait pas de déshonneur à reconnaître que tu avais fait n’importe quoi, Rémi. Il n’y a jamais de déshonneur à reconnaître qu’on a fait une connerie. Mais Rémi Gaillard n’a pas d’honneur : il fera n’importe quoi jusqu’au bout.

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Genrée

Jusqu’à l’âge de 15 ans, je voulais être un garçon.

Quand je repense à mon adolescence, c’est la première chose à laquelle je pense. Je me souviens que mes copines ont commencé à se maquiller vers 11-12 ans, en douce, comme ça se fait à cet âge-là, et qu’elle parlait du jour où elles auraient leurs règles comme on parlerait d’un rite de passage massaï, avec un lion, une blessure mythique et une reconnaissance pleine de déférence de la part des adultes. Je n’ai pas commencé le maquillage avant mes 15 ans, et on va dire que jusqu’à mes 20 ans, je n’ai même pas compris comment ça fonctionnait. Un peu comme ma mère avec la souris de l’ordinateur (« mais arrête de la tenir comme si c’était une mygale ! »). Mes règles, je ne les attendais que parce que ça me rendrait enfin normale, comme les autres. Ma famille parlait de passage de Rubicon. Oui, « devenir une femme », ça se situait entre le rite initiatique tribal et un épisode de la Guerre des Gaules. Quand je les ai eues, j’étais tellement peu au courant que je n’ai pas compris, j’ai cru qu’il m’arrivait un truc terrible, que j’étais malade, que j’allais mourir. Je l’ai caché pendant deux jours. On ne peut pas dire que je n’étais pas informée sur le sujet. Mais j’étais dans le rejet total.

On peut difficilement trouver quelqu’un qui ait été plus que moi élevé dans des stéréotypes genrés, et je me suis construite dans cette incapacité à les intégrer.

J’étais une petite fille en rose. Des vêtements roses, des robes à smocks, des cheveux longs, très longs, des poupées, plein de poupées, de la danse classique en tutu rose. Je me souviens d’avoir rejeté le rose et les smocks en grandissant. Ma mère : « oh non, c’est arriver très tôt. Les smocks, tu les as rejetés dès le début. Et le rose, presque pareil. » Ça ne l’a pas empêché de m’habiller comme ça jusqu’à mes 8 ou 9 ans. Je rechignais, mais je me laissais faire. Je n’étais pas un garçon manqué. J’avais trouvé un dérivatif à mes contradictions : j’avais un grand frère. Lui aussi était un parfait stéréotype de genre, les chevaliers, les vaisseaux spatiaux, les flingues, les BD. Je rentrais dans sa chambre en son absence, volais ses comics, jouais avec ses Playmobil, détruisais ses constructions Lego (si je ne pouvais pas y jouer, lui non plus). Quand on me demandait ce que je voudrais être quand je grandirai, je répondais « danseuses étoile » et pensais « mon grand frère ». Je vivais par procuration.

Dans mes propres jeux, je construisais deux univers : quand je jouais avec des amies, il y avait des princesses, des fées, des sirènes, des familles, on jouait au papa et à la maman, je connaissais tous les codes par coeur. Quand je jouais seule, je construisais des histoires plus violentes, policiers, voleurs, kidnappeurs, j’étais journaliste ou agent-secret-comme-dans-la-télé, j’étais un agent de l’Agence Tout Risque. Je savais aussi à qui appartenaient ces codes. J’avais bien intégré les stéréotypes genrés, ce qu’on attendait de moi, et ce qu’on ne voulait pas de moi, et je savais que naviguer entre les deux, c’était mal, qu’il fallait garder le secret. Il faut aussi dire qu’à l’époque, je trouvais que le Capitaine Kirk et le Docteur spock faisaient un joli couple, et j’organisais des orgies lesbiennes pour mes Barbies. Pour mon identité sexuée comme sexuelle, je naviguais entre deux pôles. J’étais en porte-à-faux avec tout ce que l’on attendait de moi en tant que fille. Avec le temps, garder mes deux vies séparées est devenu difficile.

A 11 ans, j’ai réclamé des cheveux courts. « Oh oui, le carré, ça t’ira bien ». Non non, des cheveux courts. Courts ! Comme un garçon ! J’ai dû me battre pendant des mois avec ma mère pour l’obtenir. Chez le coiffeur, ils s’y sont mis à deux, pour essayer de me convaincre de ne pas le faire, pendant que ma mère commentait  le combat derrière, d’un air goguenard, « c’est une de ses lubies, vous n’y arriverez pas ». L’apprentie coiffeuse me montrait des hauteurs de cheveux aux épaules, aux oreilles, « tu ne veux pas plutôt qu’on coupe là ? Tu seras tellement jolie ». Je répondais d’un air agacé que je voulais des cheveux courts comme un garçon. Ils n’ont cédé que quand j’ai commencé à pleurer. « Oh bah ça te va drôlement bien, en fin de compte. »

Ca n’a pas changé grand-chose. En fait, ce fut même pire, par certains côtés. Je rentrais dans la puberté, et je me coupais les cheveux. Il y avait de quoi discuter avec moi sur le sujet. La seule personne qui a fait le lien entre les deux, c’est mon grand-père paternel : oh ça m’allait bien les cheveux court, j’étais très bien comme ça, et puis comme je n’étais pas encore formée, ça allait bien, ça me faisait un look androgyne. Mais évidemment, les vraies femmes, ce sont les femmes aux cheveux longs comme ma grand-mère. Oui oui, tout dans la même phrase. J’aurais été un garçon, on aurait parlé de castration psychologique. Bizarrement, l’équivalent n’existe pas chez les filles.

C’est ce jour-là que j’ai compris deux choses. Je n’étais pas une « vraie » femme, et ça tombait bien : je détestais ce que représentait être une femme.

Être une femme, c’était très limité. Il fallait être belle, je ne l’étais pas. Il fallait être formée, je ne l’ai été qu’à 14 ans quand toutes mes copines avaient des obus sous leurs pulls dès 13, voire 12 ans. Il fallait aimer les trucs de filles, j’avais passer mon enfance à les détester. Il fallait avoir un instinct de fille, développer un savoir féminin « inné » (se maquiller, comprendre les garçons, marcher d’une certaine manière…), quand le seul truc inné chez moi, c’était de dissimuler ce que j’aimais. Il fallait rêver de se marier et d’avoir des enfants, « oh oui, j’en veux SIX », peut-être que si je dis que j’en veux plein, je donnerais l’impression que c’est le VRAI RÊVE DE MA VIE. Il fallait accepter d’avoir un boulot moins bien payé que les hommes (et croyez-moi, les filles des années 90 de ma province pourrie avaient intégré la notion comme tout à fait normale, puisque de toute façon, elles auraient un mari qui serait bien payé pour deux : le salaire d’appoint, c’est une notion bien implantée dans l’imaginaire collectif). Il fallait trouver normal les pubs de femmes nues, les réflexions misogynes ou paternalistes permanentes, les mains aux fesses dans le tram,…

Mon adolescence, c’est la période du grand replis. Si je ne suis pas une fille — et tout prouve que je ne suis pas une fille — et que je ne peux pas être un garçon, alors je ne serais rien. J’ai adopté le look androgyne, pantalon T-shirt, ne ressembler à rien, à aucun code. J’ai commencé à détester mon corps, et à me détester moi, pour n’être pas normale.

A quinze ans, j’ai pris le chemin inverse, je voulais enfin être normale, je voulais arrêter de me détester, je voulais que les autres arrêtent de me regarder comme la fille bizarre au fond de la classe. J’ai voulu me conformer à ce qu’on attendait de moi depuis 15 ans. Si quelqu’un avait tort dans cette bataille, c’était forcément moi. J’ai essayé l’hypersexualisation, les robes, le maquillage, le comportement « féminisé ». Ca c’est arrêté très vite. Quand j’ai subis des attouchements sexuels (et peut-être un viol, je n’en sais rien, j’ai refoulé la moitié de ce qui s’est passé cette nuit-là). J’ai mis dix-sept ans à me dire que je ne l’avais pas cherché. Et même encore aujourd’hui, que je sais vraiment que je ne l’avais pas cherché, il y a toujours cette voix dans un coin de ma tête qui me dit « mais si, bien sûr que si, tu avais le comportement de celle qui cherche ». Parce qu’être une femme, c’est chercher les emmerdes. C’est un des codes qu’on apprend quand on est une petite-fille.

***

Aujourd’hui, je suis tombée sur le petit manuel de l’anti-gender, celui que la Manif pour tous distribue à ses petits soldats en rose et bleu, pour qu’ils sachent répondre aux journalistes (quand on parle à la place de ton cerveau, gars, inquiète-toi !). Comme tous les discours d’extrême-droite, c’est un manuel de langue de bois pour tordre les les phrases de manière à dire les horreurs que l’on pense tout en faisant croire que c’est l’adversaire qui pense ces horreurs. Mais leur auteur n’est pas si doué (outres des fautes de langue à se jeter par la fenêtre) : c’est maladroit au mieux, et clairement psychanalytique. Ils arrivent à dire ce qu’ils pensent inconsciemment à travers leurs tournures tordues.

Une phrase en particulier, m’a frappée :

« Déconstruire les stéréotypes pour éviter à un enfant d’être conditionné, c’est comme si vous supprimiez l’alimentation d’un enfant de peur de l’empoisonner. »

La comparaison à la nourriture, quand on sait combien les troubles alimentaires graves chez les filles (dont moi) se sont multipliés de façon dramatiques depuis 30 ans, est fascinante. Mais là où c’est vraiment extraordinaire, c’est la reconnaissance implicite que les stéréotypes sont un poison, et qu’il faudrait faire avec parce que de toute façon, ils sont le carburant de notre personnalité.

Oui, les stéréotypes sont un poison. Le problème n’est pas tant qu’ils conditionnent les enfants mais qu’ils détruisent ce qu’ils sont, leur personnalité propre. Personne ne ressemble naturellement aux stéréotypes, mais tout le monde essaye de s’y conformer, non pas parce qu’on y trouve un moyen de nourir notre personnalité, mais parce qu’on pense y trouver le moyen de ressembler à ce que la société attend de nous pour être normal. Les stéréotypes sont un poison pour les enfants, comme pour les adultes qu’ils deviennent en grandissant, mais surtout un poison pour la société.

Le pire, c’est que les tenants de ce genre d’idées anti-gender ne se rendent même pas compte qu’ils sont en contradiction avec eux-mêmes et que leurs enfants vont en souffrir, parce qu’ils seront incapables de concilier le cadre stéréotypé qu’on leur aura inculqué et le comportement de leurs parents : parce qu’après tout, si ils expliquent qu’il faut respecter la différence entre « valeurs féminines  (maternité, sensibilité, attention à l’autre,…) » et « valeurs masculines (compétition, risque,…) », que font toutes ces femmes (et ces enfants !) dans les manifs, où elles prennent le risque d’affronter des policiers et des gazs lacrymogènes ? Que font toutes ces femmes à la tête de ces mouvements politisés (Frigide Bardot, Elizabeth Bourges,…), la politique étant un summum de compétitivité ? Comment expliquer que toutes ces femmes qui sont dans la sensibilité, la maternité, nient le droit d’autres personnes à avoir des enfants, à se marier, ou comment des femmes qui sont dans « l’attention à l’autre », laissent se développer les slogans racistes contre Taubira ?

Ca devrait me faire rire que les anti-gender poussent leurs contradictions jusque-là, mais ça ne m’amuse pas de savoir que leurs enfants seront plus déchirés que les autres entre leur rapport aux stéréotypes, et la complexité de la réalité.

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Les stéréotypes de genre sont un poison. Un poison dont personnellement, je ne me remettrai jamais. Je ne me suis pas construite en fonction de ce que j’aurais pu être, mais par rapport aux stéréotypes avec lesquels j’ai bataillé toute ma vie. Je suis devenue féministe pour essayer d’apporter une réponse à ces contradictions et c’est la seule chose positive que j’en ai retiré ! Mais pour le reste, je suis un champ de bataille, et personne n’a gagné, sauf la dépression. Je suis dépourvue de la moindre estime personnelle, et de la moindre conviction dans mes capacités, parce qu’enfant, j’ai appris que je n’étais pas capable d’atteindre les objectifs fixés. C’est ça le poison de l’éducation genrée.

Je pense toujours qu’être un garçon, c’est mieux, non pas parce qu’il y aurait quelque chose de particulièrement génial à être un homme (bof), mais simplement parce que les garçons se construisent avec un horizon de possibles plus ouvert. Ils ne sont pas préservés des stéréotypes, loin s’en faut, mais les limites qu’on leur pose sont moins rigides. Et bien évidemment, cette vision un peu idyllique que je me suis construite de la vie des petits garçons est… totalement fausse ! Elle est, elle aussi, le fruit des stéréotypes qu’on m’a inculqués enfant. Se libérer à l’âge adulte des constructions mentales que l’on a forgées enfant est quasiment impossible. C’est ça, le poison de l’éducation genrée.

Je n’en veux pas à mes parents de m’avoir donné une éducation genrée (d’autant plus que la société a contribué à égalité). Ils ont été élevés comme ça, par des parents qui eux-mêmes, n’étaient pas toujours très progressistes (pour les parents de mon père, c’est un sacré euphémisme), même si ma grand-mère maternelle était elle-même bourrée de contradictions visibles sur le sujet (elle refusait de m’enseigner le crochet, son métier !, parce que c’était pas des trucs pour les femmes modernes). Mais je leur en veux de ne pas m’avoir écoutée, de ne pas avoir vu à quel point j’étais mal à l’aise avec cette éducation normée. De ne pas avoir vu que j’étais une enfant profondément malheureuse de ne pas réussir à ressembler à ce que l’on attendait de moi.

Le problème derrière la défense des stéréotypes de genre, c’est qu’elle oublie l’essentiel : l’enfant n’est pas une boite vide qu’il faut remplir. Il a une personnalité innée, que les stéréotypes acquis ne font que nier. C’est ça, le poison de l’éducation genrée.

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Démons & Merveilles : revue du web

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Via le FB de Georges Takei

– Un article de Newsweek sur le déclin de la France : superbe de bêtise néo-aristocratique et d’auto-satisfaction nouveau riche anglo-saxonne — mais pas vraiment celle de l’Angleterre qui galère. La France vue de la Rive Gauche, par une anglaise qui achète son demi-litre de lait 4$ dans les cuisines de Maxim’s, se plaint que la vie est dure depuis un appartement avec vue sur les Jardins du Luxembourg, n’a pas bien bien compris la rééducation du périnée (oooo myyyy…) et croit que la France était brain-drain suite à la Révocation de l’Edit de Nantes (on ne lui expliquera pas le XVIIIe, les Lumières, les philosophes, Rousseau, Voltaire, Diderot, D’Alembert, Lavoisier, toussa toussa : elle pourrait être gravement ébranlée de découvrir la vérité). Réactions ici, et .

Wounded Knee 1890-1973 en photos noir & blanc : superbe, et étrangement sobre en même temps.

– Christophe Barbier, fan de la censure Chinoise, c’est trop beau pour ne pas en (re)profiter :

– Un site de « dessin » complètement addictif et relaxant. Ne dites pas pfff ! avant d’avoir essayer, vous me direz merci après. En prime, ma version de la libellule : allez, c’est cadeau 🙂

Statistiques de fin d’année 2013 sur la France. Deux-trois trucs trucs surprenants : 2% d’hommes étudiants, contre 13% de femmes, les hommes plus concernés par la menace étrangère, etc.

– L’Odieux Connard, plus fin dans ce post politique que dans les autres (oui, politiquement, il est souvent d’aussi mauvaise foi que dans ses spoilers ciné). Néanmoins, il faudra qu’il s’enlève les morceaux de bacon qu’il porte sur les yeux en ce qui concerne la facilité des physiciens à faire accepter la science : sans même prendre la peine de lui expliquer l’emprise des créationnistes, j’aimerais lui faire découvrir les Bogdanov et la qualité d’emmerdement maximum qu’il procurent aux scientifiques français. Ne parlons même pas du champs des sciences humaines, miné par tout ce que le pouvoir médiatique compte de demeurés über-glamours.

– Lapsus formidablement révélateur de Bernard Kouchner : entre le Centrafrique et la Françafrique, non vraiment, on chipote. Le bon vieux temps des colonies, jamais loin, jamais fini :

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Médias-justice

Je ne suis pas entièrement d’accord avec Julien Salingue :

« On peut apprécier Taubira, certaines de ses prises de position, son franc-parler (parfois), sa plume (souvent). Mais comment oublier qu’elle est l’une des pièces essentielles du gouvernement actuel, dont le ministre de l’Intérieur est Valls, avec qui Taubira a même partagé une tribune lors d’un meeting du PS « contre le racisme » ? La légitimité de Taubira, et des autres, pour dénoncer l’antisémitisme de Dieudonné est proche de zéro. Ces braves gens feraient mieux de se taire que de contribuer à faire passer ce sinistre personnage pour un héraut de la lutte contre le « système ». »

Pas entièrement d’accord sur le droit de Taubira en temps que membre du gouvernement de s’exprimer sur l’antisémitisme, de Dieudonné ou d’un autre. Après tout, c’est quand même un peu ce qu’on demande à un ministre de la justice de rappeler que toutes les formes de racismes sont hors-la-loi.

Par contre, c’est vrai qu’il y a un énorme problème, en tant que membre du « système » fantasmé par Dieudonné et ses ouailles, à venir se dresser contre lui et à renforcer son discours qui n’en demandait pas tant. C’est en lui donnant ce genre de visibilité que son fantasme prend enfin corps. Comme le Golem, c’est la parole qui donne forme au Mal. C’est l’acte d’effacer la parole qui l’arrête. Parler ne peut que renforcer la position de Dieudonné. Taubira, contrairement au reste des Français, a bien d’autres moyen d’action, pour lutter contre lui. Taubira — contrairement à Valls, qui parle pour ne rien dire, puisqu’il n’a aucun droit d’interdire le moyen de réunion, à moins de prendre au mot Christophe Barbier, et d’instaurer une politique à la chinoise — Taubira a en effet les moyens de lutter contre Dieudonné, et surtout ses « résultats ».

Lutter contre la quenelle, oui, quenelle par quenelle, photo antisémite par photo antisémite, oui. Mais surtout lutter contre ceux qui les laisse fleurir librement. Il serait temps que la justice s’occupe, pour ne prendre que cet exemple, non pas des cons qui postent des horreurs sur Facebook, mais de Facebook même qui refuse de les sanctionner, qui refuse de prendre en compte les signalements. La liberté d’expression à l’américaine N’EXISTE PAS en France. On est et on doit être responsable de ses actes, de ses paroles, de ses positions. Et comme c’est Facebook qui autorise la publication de ces photos, c’est Facebook qui doit être tenu pour responsable. Facebook, Twitter et tous les sites qui autorisent complaisamment la publications des photos de quenelles devant les synagogues, des sketchs antisémites de Dieudonné ou même des appels au meurtre des handicapés de Soral.

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Capture par un fan d’Humour de Droite

Mais habiller l’épouvantail Dieudonné avec les habits de la princesse pour le mettre en Une de tous les journaux, pour qu’il puisse étendre son emprise encore plus profond, c’est non seulement une connerie en matière de communication, mais c’est une gestion déplorable de la justice. C’est indigne de Taubira, et c’est indigne d’un ministre de la Justice. On ne fait pas la justice par les médias. Les médias ne sont pas un levier pour soulever le monde, le secouer pour en faire tomber une pluie de petits fascistes et les glisser sous le tapis. N’importe quel communicant sait que les médias sont, en toutes occasions, une circonstance aggravante.

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Moi, Gérard, 63 ans, apatride fiscal (c’est toujours mieux que réfugié politique)

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Moi je te comprends, Gérard. C’est vrai quoi, dans ce pays on ne respecte plus rien. Ni les intermittents du spectacle qui triment comme des malades avec 3 boulots, deux enfants et des impôts, ni les toxicomanes dealers d’héro qui ne font du mal qu’à eux-mêmes. On ne respecte plus le droit à la différence des grandes fortunes soutiens des dictateurs. La France devrait avoir honte. Elle a honte.

Parce que la vérité vois-tu, c’est que tout le monde aimerait avoir ce droit à la différence : avoir le droit d’avoir un hôtel particulier de 50 millions d’euros et de se plaindre, avoir le droit d’avoir les moyens de payer ses impôts et avoir les moyens de ne pas le faire. N’importe quel célibataire au RSA, plafonné à 474,93 € par mois aimerait avoir le droit, lui aussi, de crier son droit à la différence et de ne pas avoir à payer les 125 € obligatoires de redevance, dont une partie servira à financer la création cinéma du service public qui servira à financer des films dans lesquels tu joueras, pour lesquels tu seras payer plus d’1 000 000 € sur lequel tu revendiqueras le droit de ne pas payer d’impôts. Parce que c’est vrai, faire payer des impôts aux riches, c’est vraiment inadmissible. Les assistés, c’est normal, faut rendre des comptes, et puis z’ont qu’à pas avoir la télé, mais les gens qui créent, les artistes, les footballeurs, la jet set, ça non franchement, c’est dégueulasse. C’est ça, le communisme. Tu as raison, Gérard, quitte l’URSS avant qu’il ne soit trop tard.

Je veux te dire tout le respect que j’ai pour ta démarche : c’est courageux de rendre le passeport de l’une des seules nationalités au monde que l’on ne peut PAS perdre quand on a la chance d’y être né. C’est un geste d’autant plus fort et malin que sans nationalité, on ne peut pas en prendre une autre : bravo Gérard, les Belges non plus ne pourront pas t’écraser d’impôts. Bravo aussi pour ton renoncement à la Sécu, cette saloperie gauchiste. En même temps, comme elle ne t’a jamais servi, même pas pour ton grave accident de moto et tes 40 jours d’hospitalisation en 98 ou ton quintuple pontage coronarien en 2000, tous deux sobrement mis sur le compte de ton caractère excessif par Wikipedia, tu ne peux que te réjouir d’être débarrassé de ce poids énorme qui pesait sur ton bulletin de paie. Et comme tu es un homme droit, Gérard, je suis sûre qu’à chaque fois que tu avais la grippe ou la chiasse, tu appelais la Sécurité Sociale de ton quartier, et tu leur disais, non non ne rembourser pas mon Tamiflu, je ne veux pas grever le trou et ses pauvres cons que tu avais au bout du fil qui devaient te répondre, mais c’est pas possible de renoncer à la Sécu, M’sieur Depardieu, ça marche pas comme ça en France. Salopards d’anarcho-syndicalistes…

Je veux te dire que cet appel à ton amour de l’histoire de France me va droit au coeur. J’en ai des frissons à des endroits du corps dont j’ignorais même l’existence. Ayant repris des études d’histoire, je suis particulièrement sensible à un tel cri du coeur : c’est bien vrai que participer à des film historiques, c’était ton « devoir ». C’est ça qu’on demande à un artiste, remplir un devoir qui ressemble fort à une oeuvre nationaliste : montrer son amour de la belle et grande histoire de France. Et expliquer à la jeune génération que le jumeau de Louis XIV a exercé un règne d’amour et de justice inconditionnel depuis un château de Versailles pas encore construit pendant que sa mère se tapait D’Artagnan, et que des tableaux de Louis XV à 60 ans hantaient les murs, c’est grave pédagogique. ‘Tain, le Masque de Fer, on devrait en faire un objet d’étude. Il y manquait juste un peu de Clovis, mais ça je te le pardonne, parce que tu as fait les Gaulois avec Obélix. Mais l’important, c’est que ton amour de l’histoire parle à nos amis Casali, Sevillia, et aussi à notre bon Prince déchu, qui ont tous des rapports très sains à l’histoire.

Je veux te dire à quel point c’est la classe d’utiliser la mémoire de ton fils qui ne pouvait pas te blairer et qui est mort d’une maladie terrible, pour justifier ton droit à ne pas payer d’impôts au peuple qui a fait de toi l’acteur riche et célèbre que tu es. Je te suis parfaitement sur ce sujet : la justice est trop « minable ». Condamner un jeune homme de 17 ans, « tout gosse », à 3 ans de prison dont il ne fera que la moitié pour usage, importation et trafic d’héroïne, quand d’autres gosses de quartier feront le même temps pour avoir fumé un joint, c’est inadmissible. Ton fils, il avait des excuses. C’était ton fils. La justice est minable de faire son boulot les yeux fermés. Et c’est parce qu’elle a été injuste avec ton fils par rapport à d’autres crimes plus graves qu’elle est minable, et non pas juste parce qu’elle ne traite pas correctement ces crimes plus graves. Tout est un question de hiérarchie des crimes et des délits. Je te pardonne de ne pas avoir fait la comparaison avec le procès des tournantes. Tu n’y as peut-être pas pensé, remarque. On ne peut pas penser à tout. J’ai juste un problème avec ce terme que tu utilises si libéralement pour parler de la justice : « minable ». Minable ? Vous avez dit « minable » ? Comme c’est minable…

Après j’ai un peu perdu le fil avec les gens qui ont du cholestérol ou des problèmes d’alcool, et le rapport que cela peut avoir avec ton terrible exil fiscal d’un pays que tu aimes, et qui t’aime, mais qui n’est plus le tien. A part peut-être le cri du coeur de tes artères coronariennes… Je pense que tu t’es trompé de lettre et que ce paragraphe-là était destiné à ton assurance santé, tu sais, celle qui doit remplacer ta Sécu. Je ne te jetterais pas non plus la pierre, va, et je vais oublier cette incartade rhétorique.

Je te soutiens à 100 % pour avoir payer 85 % d’impôts en 2011 quand le bouclier fiscal les limitait à 50 % pour tous. Ça, c’est une belle preuve de patriotisme, c’était par amitié pour ton Nicolas. Mais François, malgré son prénom, ou à cause de son nom, je ne sais, n’a pas le droit à autant de bonne volonté. Tu as raison : tes impôts pourraient l’aider à poursuivre sa politique actuelle de droite, ce serait sûrement incroyablement perturbant. Et puis tu n’as pas à te mêler de politique : après tout, tu ne soutiens Poutine et le président tchétchène Kadyrov que pour l’argent, celui qu’ils te donnent avec libéralité. On ne peut pas vraiment t’accuser de soutenir leurs multiple abus contre les droits de l’homme (sans doute des gens qui n’ont pas de diabète ou de problèmes de tension) : tu « n'(as) pas  justifier les raisons de (tes) choix qui sont nombreuses et intimes ». Je n’aurais pas mieux dit : tu te défends tellement bien contre la meute des chiens, Gérard.

Tu n’es ni à plaindre, ni à vanter, formidable formulation qui nous place en position de t’aduler ou de te plaindre quand tu pourrais faire preuve d’un peu de modestie en reprenant la formulation habituelle qui te mettrait en humble sujet de cette fracassante déclaration d’orgueil : mais quelle modestie ? Tu as créé 80 emplois ! J’espère que tu en créeras en Belgique, à défaut d’en créer 80 nouveaux en France. Mais la crise aidant, le chômage augmentant, je comprends que tu ne veuilles pas rester pour voir tes 80 beaux emplois se réduire comme peau de chagrin. Méfie-toi, le chagrin des Belges n’est pas moins poignant…

Il n’a pas à te dénigrer, ce vilain petit monsieur Ayrault. Qui est-il, c’est vrai ? Premier Ministre. Vulgaire collaborateur, premier deuxième fonctionnaire de l’Etat. Qui est-il face à toi, un homme libre et excessif qui aime la vie et l’argent, einh ?! Qui est-il à part un homme qui travaille à essayer de résister à la vague qui vient ? Bah on ne résiste pas aux tsunamis, et puis de toute façon, il résiste mal. Va, Gérard, va construire ton Arche sur d’autres terres pendant qu’on essayera d’écoper de notre côté. Et n’oublie pas d’emmener les rats avec toi sur ton nouveau navire. C’est qu’il ne faudrait pas que ça meurt, ces petites bêtes. Elles nous manqueraient.

La vérité, Gérard, c’est que tu n’es pas « minable ». Tu es un monstre sacré. A l’avenir, quand on parlera de toi, on ne dira plus « ce grand acteur », on dira « ce grand salaud ». C’est important d’être sacré. C’est ce qui fait toute la différence.

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