Critique film : La Religieuse, de Guillaume Nicloux

Suzanne (Pauline Etienne), seize ans, une jeune fille de la bourgeoisie du XVIIIe siècle regarde ses sœurs aînées se marier, bien dotées, et attend que vienne son tour. Comme presque toutes les jeunes filles, elle est éduquée au couvent et sort rarement de son cloître, même si son impatience de revenir enfin à la vraie vie ne cesse de croître. Lorsque ses parents lui font alors savoir, par l’intermédiaire du prêtre de la famille, qu’ils souhaitent qu’elle prenne le voile, définitivement. Contrainte et forcée, cajolée par sa mère supérieure, violentée par le chantage affectif de sa mère qui lui fait valoir qu’elle est une bâtarde et qu’elle doit expier son crime par le sacrifice de son enfant, elle finit par prononcer ses vœux. Mais la mère supérieure, secouée par l’idée qu’elle a pu obliger Suzanne à sacrifier sa vie à une vocation qu’elle n’a pas, se tue, et une nouvelle mère supérieure (Louise Bourgoin) est instituée.

C’est le moment que choisit enfin Suzanne pour se battre enfin, et préparer un mémoire pour renoncer à ses vœux. Lorsque la mère supérieur l’apprend, le calvaire de Suzanne commence…

La Religieuse est l’adaptation du roman de Diderot.

J’ai un avis mitigé sur ce film. C’est un bon film, ça, aucun doute. D’ailleurs toutes les critiques que j’en ai lu était élogieuses, une amie au goût sûr me l’avait recommandé. Et pourtant, c’était pas gagné : Guillaume Nicloux, + Louise Bourgoin : où sont la corde, le cyanure et le pic à glace à me glisser dans l’œil ? Louise Bourgoin… ben Louise Bourgoin, quoi, et Guillaume Nicloux, le réalisateur du Concile de Pierre, le suicide de mon cerveau après dix minutes de films, et le sommeil salutaire après quelque chose comme 25 minutes. Et j’ai pourtant une grande capacité de résistance à la vue des plus grands navets, je me suis fait Prometheus pendant l’été pour le prouver.

Donc vraiment, la Religieuse est une excellente surprise. Et je peux trouver plein de compliments à faire à ce film.

D’abord, une façon saine de filmer un film d’époque, par exemple, en ne le traitant justement pas comme un film d’époque, en n’accentuant pas l’aspect meringué que le XVIIIe siècle à toujours dans les films. Bien sûr, Nicloux est aidé en cela par le fait que le film se passe principalement dans les murs des couvents (il y en a 2 dans le films), plutôt que dans le XVIIIe à perruques. La lourdeur de la reconstitution est celle de la vie religieuse plutôt que celle d’une époque révolue et surannée (ce qu’elle n’était pas, mais qui est la seule image que le cinéma en montre), avec des costumes de religieuses ÉNORMES (et à mon avis, très accentués par la costumière). Et lorsque le film s’échappe du cloître, il propose un XVIIe très terre-à-terre, des couleurs sombres (plusieurs scènes dans des pièces éclairées à la bougie, ou obscures, genre chapelle), des costumes aux couleurs tout aussi atténuées (le macaron Coppola ? oubliez), et quand il y a de la lumière, elle est blanche et froide, qui découpe des angles très nets. Il y a vraiment une impression de réalisme, sans en faire trop non plus ; mais si moi je l’ai vu, on va dire que c’est quand même bien bien assumé. J’aime les films d’époque, en costumes, et j’adore le XVIIIe, mais c’est un peu une bouffée d’oxygène de voir enfin ce genre de vision du XVIIIe au cinéma.

Il y a aussi le jeu des acteurs. Même si j’ai quelques réserves ici et là, globalement, c’est vraiment un bon cru. Je suis généralement totalement imperméable à Isabelle Huppert, c’est une constante, mais je l’ai trouvé très bien dans ce film. Elle arrive à dépasser son aura de Grande Actrice (et honnêtement, pfff, ça faisait longtemps qu’il y en avait besoin). Et puis merde, j’ai ressenti de l’émotion s’échapper d’elle. Pour moi, Huppert, c’est plutôt un iceberg, je ne comprends jamais ce qu’elle essaie de faire passer dans son jeu. Dans ce film, elle est un fil tendu, comme une corde de violon trop serrée : l’émotion affleure régulièrement, avec stridence, et violence psychologique. Je vous jure, une gageure : j’ai été prise par son jeu. En même temps, il faut dire qu’elle interprète un rôle sur mesure pour les explosions émotionnelles : une mère supérieure qui agresse sexuellement ses nonnettes, tout en vivant ses besoins sexuels comme des extases/épreuves envoyées par Dieu.

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Louise Bourgoin est surprenante d’autant plus qu’on lui a donné le rôle le plus ingrat du film. Caricatural chez Diderot, il l’est sûrement encore plus chez Nicloux : elle interprète une mère supérieure sadique, dont les nuances sont pour ainsi dire absentes. Du coup, j’ai eu tendance à prêter plus attention aux subtilités de son jeu (oui, my godz, Louis Bourgoin qui joue d’autre chose que de sa voix gouailleuse et de sa plastique. Ce film est la preuve qu’elle connaît ses faiblesses, et qu’elle essaye de les sabrer à la hache. Bon point pour son karma.). Et très franchement, elle réussi à faire passer des émotions qui n’ont tout simplement pas été prévues dans le rôle. C’est léger, frémissant et très rare. On a presque l’impression qu’elle les a fait passer en fraude. Il y a une scène qui est peut-être celle du film qui m’a le plus touchée où elle convoque Suzanne après avoir découvert que celle-ci veut dénoncer ses vœux : elle laisse passer une fragilité qui est tout le cœur de son personnage d’extrémiste religieuse. Une incompréhension à comprendre qu’on puisse vouloir sortir de religion qui la dépasse tellement qu’elle pourrait se briser. Ne cligner pas des yeux, vous risqueriez de rater ce tremblement. Et ce serait vraiment dommage.

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Et enfin Pauline Etienne, la petite Suzanne. Excellente actrice, aucun doute. Mais… Mais. Le problème quand on prend une actrice qui au naturel ressemble à un petit chat mouillé qui crit grâce, qu’on lui fait jouer la portée de petits chats mouillés qui se font éventrer vivants et qu’en plus, on la glisse dans un costume qui réduit son visage à un triangle étroit, ce qui accentue les expressions naturelles, ou plutôt détruit la subtilité de l’expression, ben on obtient une actrice dont on a l’impression qu’elle surjoue le malheur dans tout le film. Et c’est bien dommage. Parce qu’on finit par être agacer, alors même qu’elle joue bien. Ajoutez-y une caractérisation du personnage assez ratée, et on obtient un personnage principal dont on a fait le tour très vite.

Le problème de la caractérisation de Suzanne est vraiment important. Le personnage se veut profond, alors qu’il ne l’est pas. La jeu de l’actrice peut être profond, il l’est souvent, mais cela ne sauve pas le personnage. Suzanne est fragile mais résiste. Elle est dedans, elle veut sortir. C’est comme un personnage en carton dans un théâtre de papier : j’ai deux faces, une noir une blanche, je les tourne, hop hop, elles font bien illusion, mais ce n’est pas une personnalité. Pourquoi est-elle forte ? Pourquoi est-elle fragile ? Quel est son rapport au monde ? Veut-elle se marier, veut-elle la liberté ? S’est-elle construite par rapport à ses parents, dans son affrontement avec eux, ou dans la recherche de leur amour ? Comment comprendre qu’elle accepte de céder au chantage de sa mère qui veut l’enterrer vivante, alors qu’elle vient de refuser quelques jours plus tôt de prendre le voile, si on n’a pas construit sa relation à sa mère. Le boulet de canon que sa mère lui envoie dans la figure (elle est née d’un adultère) sert plus à anesthésier le spectateur et à lui faire accepter la décision de Suzanne, elle-même sidérée, qu’à approfondir le personnage. Dans le roman, ce détail est avancé comme hypothèse dès la deuxième page, pour expliquer la détestation de Suzanne par son père, qui a un doute sur sa paternité. Aussi quand la révélation est faite pour de bon dans la fameuse scène que l’on retrouve dans du film, ce n’est pas le pivot de la scène. Le pivot de la scène est la dénonciation des manipulations psychologiques que les familles du XVIIIe exerçaient sur leurs enfants (filles et garçons, mais bien plus les filles).

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On a l’impression très nette qu’il n’ont pas approfondi le personnage, parce qu’il lui arrive par ailleurs tellement de malheur qui’il fallait sacrifier l’un à l’autre : Suzanne se laisse porter par les événements. Il est à cet égard très significatif que les meilleures scènes du film soient en rapport avec les rares moments où Suzanne devient actrice, plutôt que victime de sa vie :

– La première fois qu’elle doit prononcer ses vœux et que face à l’obligation de faire serment de ne pas mentir à Dieu, elle décide de refuser, devant tout le public : on voit la construction d’un vrai débat intérieur du personnage, et surtout, de son rapport à Dieu qui est quand même l’un des piliers de ce film (peut-elle rester croyante après les épreuves que sa prise de voile forcée représente ?). Le film avait présenté une première déclaration de foi d’une bêtise absolue en début de film, dont le manque de crédibilité était une entrave à la compréhension de Suzanne : une déclaration d’une adolescente de seize s’exprimant comme une môme de 10 ans récitant son catéchisme « j’aime Jésus, c’est lui que je veux pour mari. » Mais dans la scène de refus de vœux, la prise de pouvoir de Suzanne définit son refus du voile comme son rapport à ce qu’elle doit à Dieu, c’est à dire une honnêteté dérangeante et scandaleuse, mais signe d’une foi fervente.

– Lorsqu’elle vole un encrier et du papier pour commencer à écrire un mémoire pour être entendue hors du couvent. Le film, comme le livre, est d’ailleurs sensé être ce récit écrit. Le passage est très fort : elle se lève la nuit pour aller en douce à l’économat et dans sa hâte (la violence de son désir à vouloir s’échapper ?), elle brise un encrier, ce qui entraînera la découverte de son vol. Cette scène donne lieu à plusieurs autres scènes où on la voit écrire fébrilement par terre, ainsi qu’à une scène d’humiliation publique dont je vais reparler. Le problème c’est que si ce passage du film est celui où le personnage de Suzanne est le plus crédible, c’est aussi celui où il est le plus hors caractère : la Suzanne du reste du film n’est ni rusée et manipulatrice (voler, écrire en cachette) ni fébrile. Le lien entre ces deux facettes de sa personnalité n’est pas fait.

Mais de toute façon, cette excursion hors caractère est cassée immédiatement par le réalisateur par une scène hallucinante où la mère supérieure (Louise Bourgoin) punit Suzanne d’avoir volé ces objets par une humiliation qui consiste à la mettre entièrement nue. La scène est choquante parce que gratuite (d’un point de vue religieux, le procédé ne s’explique pas. Mais les humiliations que subit Suzanne sont très mal reliées à l’extrémisme religieux. Elles devraient être un chemin de croix pour ramener la brebis dans le troupeau, elle sont juste gratuites, comme le port de chambre qui lui est renversé dessus pendant qu’elle nettoie le sol), mais surtout parce qu’elle redescend Suzanne de son statut soudain d’actrice à celui de super-victime. Elle subit l’humiliation suprême que puisse imaginer un réalisateur/scénariste masculin : la mise à nue, la réduction à une image sexualisée et objectivée, et au glauque accentuée par le fait que le film — et c’est assez rare pour être noté — a rajeuni le personnage de Suzanne. Elle a seize dix-sept ans à ce moment-là ; dans le livre, elle en a presque 20 ans (le livre se passe sur un laps de temps plus long, elle a 16 ans au début, 20 au moment de son transfert hors du couvent où elle est torturée. D’ailleurs tout l’aspect limite pédophile de la fin du film avec Huppert est absent du livre. Suzanne est agressée sexuellement par sa supérieure, mais c’est déjà une adulte). Le film jette brutalement en pâture le personne de Suzanne mis à nu non pas à la figure de sa tortionnaire, car ce genre d’humiliation par l’objectification sexuelle n’est pas vraiment une technique féminine, mais au spectateur, ce qui crée une mise en abîme de la victimisation de Suzanne qui ne sert pas le propos, mais un besoin malsain du réalisateur d’aller au bout d’un espèce de fantasme de la torture (je n’ai pas souvenir que dans le livre Suzanne soit laissée dans ses souillures). L’actrice, c’est bien le moins, a eu la possibilité de faire passer un peu de dignité dans cette scène (ça semble improvisé) : alors qu’elle est violemment défaite de ses différentes couches de vêtements par des mains étrangères, elle devance celles qui se sont posées sur sa chemise (la dernière couche) et l’enlève elle-même. C’est tout ce à quoi on aura droit, en temps que spectateur, pour ne pas se sentir complètement pris au piège du voyeurisme de Nicloux.

Nonne

***

A quel point l’adaptation d’un livre doit-elle être fidèle à ce livre ? C’est une question récurrente que je me pose sans pouvoir apporter de réponse, et je pense que La Religieuse n’aidera pas plus. Je suis convaincue que n’importe qui y verra une adaptation parfaite, parce que l’histoire, les événements sont très fidèles au livre ; je suis d’avis que cette adaptation est une trahison, car tout l’esprit de Diderot en a disparu. Diderot n’avait pas seulement écrit un livre profondément anti-clérical, mais aussi un livre proto-féministe. C’est un livre qui n’expose pas seulement l’idée que les femmes doivent disposer de leur vie, de leur liberté de choisir, mais le fait à travers une héroïne qui prend son destin en main, qui est constamment en lutte pour imposer sa conception, et dans le livre elle en a une assez définir, de ce que doit être sa vie. Et pour ce faire, Diderot a aussi construit la motivation de son héroïne comme une conception très forte et très novatrice de la liberté. Ce n’est pas pour rien que l’on dit que des philosophes comme Diderot ont été le ferment des idées de la Révolution : il y a les prémices chez Suzanne d’une vision de le liberté qui préfigure, à sa façon, le « vivre libre et mourir ». Dans le film, elle ne veut pas vivre une vie de nonne sans vocation, elle veut juste vivre « la vraie vie ». Le mot « liberté », je ne crois pas l’avoir entendu une seule fois dans le film. Sous prétexte de ne pas la rendre trop moderne, Nicloux a oublié qu’elle ÉTAIT incroyablement moderne à son époque. Elle l’était d’autant plus qu’elle était inspirée d’un cas réel d’une religieuse qui s’était vu refuser le droit de rompre des vœux forcés. D’une certaine façon, le livre était une tentative de réhabilitation de cette échec, une victoire virtuelle offerte à cette vraie religieuse.

Autre point important du livre, et qui explique aussi pourquoi j’ai tant de mal avec la caractérisation du personnage du film, Suzanne est un personnage incroyablement complexe. Elle est d’abord un mensonge : le livre était au départ une sale blague jouée par Diderot et des amis à un marquis de leur connaissance qui se morfondait en Province. Pour le ramener à Paris, il lui inventèrent une « juste cause » : sauver le soldat la religieuse Suzanne. La blague tourna court, on lui fit croire qu’elle était morte après qu’il se soit trop pris au jeu. Suzanne est à cet égard créée pour manipuler le bon cœur de cet homme, son récit doit faire pleurer dans les chaumières, mais il n’est pas sûr qu’elle soit alors un narrateur fiable et que l’étendu de son calvaire soit si important. Dès le début, en effet, elle se présente sous un éclairage particulièrement mélioratif, comme une jeune fille si brillante qu’elle surpasse l’intelligence et la beauté de ses sœurs et parents, mais qui, dans un acte de bonté d’âme jusqu’au-boutiste, se fait passer pour une enfant idiote par respect pour ses sœurs. Elle ne fait pas d’économie d’auto-promotion dans le livre. On est souvent partagé entre l’envie de la croire, et l’impossibilité de passer outre l’ambiguité d’un récit qui est sa dernière chance de sortir de ce qui n’est rien d’autre qu’une prison. En ça aussi, l’aspect manipulateur, enjôleur, « communicant », elle est très moderne. Et mature. Suzanne est une femme qui a compris les mécanisme à la limite du malsain du maonde dans le quel elle évolue, et qui sait en joué, sans pour autant perdre la rectitude moral de son désir de liberté. La religieuse de Nicloux est une gosse qui ne gagne sa maturité qu’à sa libération.

Dernière trahison, et, c’est un avis personnel, la plus stupide : le traitement de la famille. Diderot établit une critique particulièrement féroce de la famille, qui est une métaphore de la société. Les parents de Suzanne sont des monstres, qui la haïssent pour leur propres erreurs et les lui font payer au lieu de les assumer eux-mêmes, qui la traitent comme un objet, un meuble, dont ils peuvent faire ce qu’ils veulent, parce qu’elle est une fille, parce qu’elle est leur enfant, parce qu’ils le peuvent. Ils s’attaquent au plus faible (elle est leur plus jeune fille, et la seule qui ne tuerait justement pas père et mère pour assurer son avenir, la plus naïve et le plus malléable) et sont d’une lâcheté à toute épreuve (comme dans le film, c’est par le prêtre de famille qu’elle apprend que ses parents la condamnent à la vie au couvent et qu’elle est la bâtarde de sa mère). La famille selon Diderot, et selon une philosophie très courante au XVIIIe, est une métaphore du fonctionnement de la France. Le Roi est le père de son peuple, il leur droit protection et subsistance, il doit les traiter avec amour, et son peuple lui rend pour cela amour et respect. En décrivant un père indigne et haineux qui déshérite sa fille par des constructions financières légales (Diderot mentionne des fidéicommis, par exemple), une mère adultère qui fait payer son crime à la première victime du crime (l’enfant et non le mari trompé), des sœurs qui disputeraient à celle élevée avec elle, dont elles ignorent le « crime », jusqu’à la plus petite bouchée de pain, Diderot fait une métaphore assez classique, mais très violente d’une société en déliquescence, qui a perdu le lien familial primordial qui la tenant en place. Les sœurs qui sont deux, sont bien sûr les ordres de la noblesse et du clergé, qui ne remplissent plus leur rôle auprès du dernier ordre, le plus fragile. Le père est le roi (Louis XV pas Louis XVI) qui a perdu de vue ses devoirs pour ne plus jouir que de son pouvoir (première mouture du roman en 1760). La mère représente sans doute aussi bien la monarchie, que le gouvernement, ou même simplement la charité humaine : la multiplicité des interprétations que l’on peut faire sur la symbolique du lien mère-fille est sans fin.

Là où Nicloux a eu tort de ne pas assez insister sur cette métaphore, c’est parce qu’elle peut être encore aujourd’hui le miroir des sociétés en crise. La France et l’idée de l’Etat-providence qui ne fonctionne plus (ou pas), ou tout un tas d’autres références. Mais aussi (surtout) le printemps arabe, des Etats qui ont tous trahi leurs peuples et des peuples qui revendiquent leur liberté dans un environnement dont la transposition dans l’univers étouffant de la religion catholique est plus qu’évident. Je pense que c’était en effet un des miroirs qu’a voulu créé Nicloux, mais cela ne fonctionne qu’à moitié, car il n’a joué qu’à moitié la métaphore de Diderot. Non, à ce sujet-là, Nicloux ne pouvait pas et n’aurait pas dû faire l’économie d’un philosophe beaucoup plus doué que lui.

***

Oui je sais : quand on la lit en entier, cette critique a plutôt l’air d’un assassinat en règle du film. Et ben pas du tout : je l’ai dit, c’est un bon film. S’il ne l’était pas, je n’aurait pas pu en tirer une critique aussi longue et aussi fournie. Mais je regrette qu’un bon film ait par ailleurs des faiblesse qu’ils avaient les moyens d’éviter (la caractérisation du personnage de Suzanne, une image parfois trop caricaturale).

Mon principal reproche étant d’avoir raté l’adaptation de Diderot, bien qu’ils aient réussi l’adaptation de l’histoire, je dois préciser que je compte sur les doigts d’une main les films qui réussissent ce difficile exercice (je suis naturellement très critique sur les adaptations de romans).

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Classé dans film, XVIIIème siècle

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